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Les champions du passé Version imprimable Suggérer par mail
Que font les champions suisses à leur retraite?

Christelle Cherix
Qu'il est difficile de se libérer du virus du tennis de table! Thierry Miller et Stefan Renold en fournissent les meilleurs exemples. Ils ont dominé la scène du tennis de table dans les années 80 et 90 et continuent à collectionner assidûment des médailles aux championnats suisses. Il faut donc une bonne mémoire pour nommer d'anciens champions suisses de tennis de table qui ne seraient plus actifs de nos jours. La situation est plus aisée pour les dames. Mais que sont devenus les héros du tennis de table d'antan? Que font-ils de nos jours?

Texte : Marius Widmer, photos : Marius Widmer, René Zwald

Le meilleur joueur de tennis de table des années 60 était le Bernois Marcel Grimm. De 1964 à 1973, il récolta huit titres en simple. Marcel Grimm mit définitivement fin à l'ère d'Hugo Urchetti, qui avait fièrement remporté de 1942 à 1962 seize titres en simple messieurs et précède ainsi même Thierry Miller dans le classement des champions.
Agé aujourd'hui de 67 ans, Marcel Grimm ne saisit plus que rarement la raquette de tennis de table, mais il ne peut pas vivre sans sport. „C'est en 1973 que j'ai joué la dernière fois pour l'équipe nationale“, se souvient cet ancien ingénieur en mécanique. Ensuite, il a commencé à jouer au tennis, uniquement pour le plaisir. „à peine j'ai eu la raquette dans la main que je voulais déjà progresser.“ Marcel Grimm a effectivement eu du succès au tennis: il devint un bon joueur de ligue régionale, classé R1 et récolta aussi chez les seniors des titres de champion suisse.

Marcel Grimm, quel canon!
La question concernant sa carrière de pongiste le fait maintenant sourire.  „Cela date d'il y a longtemps. Parfois, des souvenirs me reviennent. A l'époque, j'étudiais au Technicum de Bienne. Je rentrais chez moi et m'entraînais de huit heures à 22 heures. Puis, je préparais mes cours, souvent jusqu'à minuit, pour prendre le lendemain le train de six heures de Berne à Bienne.“ Au niveau financier en tout cas, l'investissement n'a pas valu la peine. „Nous devions payer les boissons nous-mêmes lorsque nous nous rendions à l'étranger avec l'équipe nationale. Mais le tennis de table me procurait du plaisir. Le plaisir au combat, c'est ce que je ressens toujours au tennis.“ Cela fait déjà douze ans que Marcel Grimm est retraité. En tant qu'ingénieur en mécanique, il devait beaucoup voyager. L'entreprise pour laquelle il travaillait avait développé des procédés particuliers, utilisés dans le monde entier. „J'ai beaucoup voyagé, mais j'ai vu peu de choses.“
L'épouse de Marcel Grimm l'a convaincu un jour qu'ils étaient à l'abri des risques financiers. Depuis lors, le couple sans enfant jouit de la vie. Ils voyagent à travers le monde, font du snowboard ou surfent dans le Midi de la France. Le tennis de table ne joue plus guère de rôle dans sa vie. „Une fois par année, je me rends dans une salle de tennis de table avec un ancien camarade de GGB Berne“, nous raconte Marcel Grimm. Souvent, Vreni Lorenzini-Lehmann, qui remporta quatre titres en simple encore sous son nom de jeune fille dans les années 70, est aussi de la partie. „Ensuite, nous allons boire un coup.“

Christelle Cherix, vers de nouveaux sommets
Christelle CherixEn 1999, à seize ans déjà, Christelle Cherix est devenue championne suisse. Trois ans plus tard, elle a réitéré son coup. Pourtant, elle a quitté l'équipe nationale et maintenant, elle s'est complètement retirée de notre discipline sportive. „Le manque de temps et de motivation à m’entraîner plusieurs fois durant la semaine m’ont décidée à arrêter il y a un peu plus d’un an“, ajoute-t-elle. „Mon travail est très prenant, c’est pourquoi, le soir, j’ai besoin de me ‚défouler’, de prendre l’air.“Elle a découvert une nouvelle passion avec son ami. „Grâce à mon ami, j’ai découvert l’univers de la montagne et depuis, je ne peux plus m’en passer. Il a donc fallu faire un choix car je n’avais pas le temps de tout faire.“Professionnellement, Christelle Cherix est devenue indépendante. „Après avoir fini ma formation d’ostéopathe, j’ai ouvert mon cabinet à Vuadens, un petit village à côté de Bulle. J’habite toujours en Valais, à St-Gingolph, au bord du lac Léman.“ Le sport joue toujours un rôle dans sa vie. „Maintenant, je pratique beaucoup de sports en plein air: en hiver, du ski de randonnée et, en été, de la grimpe et de la voile, ou simplement des balades en montagne. Avec quelques amis, nous avons eu la chance d’atteindre quelques sommets magnifiques!“ Le tennis de table n'est plus si important pour elle, elle joue „juste occasionnellement avec des amis“, ajoute-t-elle.

Le come-back de Carmen Witte
Dans les années 80, Carmen Witte a décroché trois fois le titre, alors que Renold et Miller commençaient à égratigner l'hégémonie de Thomas Busin. Voici ce qu'elle déclare aujourd'hui au sujet de son arrêt pongistique: „J'ai cessé le tennis de table après plus de 10 ans en équipe nationale. Non pas par dégoût ou par colère, mais parce que je voulais vivre autre chose.“ Après avoir vécu longtemps dans la capitale de la Thaïlande, Bangkok, Carmen Witte est maintenant logopédiste. L'époque sans tennis de table dans la vie de Carmen Witte est révolue. C'est en force que sa famille a boosté le CTT Uster pour monter en 1ère ligue, un vrai familypower! „Depuis quelque temps, j'entraîne ma fille une ou deux fois par semaine. Et cette année, ma soeur jumelle et moi jouons avec nos filles Liza et Nurit.“ Rétrospectivement, elle sait apprécier l'impact du sport dans sa vie. „C'était pour moi une époque très importante; le sport m'a donné beaucoup de confiance en moi et m'a rendue plus forte.“

Carmen Witte Etre reçue en carrosse à Uster et sortir grandie de la jalousie des autres
Un des plus beaux souvenirs est assez étrange et nous rappelle plutôt une cérémonie de championnat d'un club de hockey sur glace à la montagne: „C'était notre premier titre de champion par équipe en ligue nationale A. La ville d'Uster nous a reçus avec un carrosse et un orchestre à la gare“. Elle s'en souviendra certainement toute sa vie.Carmen Witte travaille avec des enfants; elle n'oublie donc pas l'aspect humain. „Je pense aussi à des événements sportifs qui n'ont pas été faciles à surmonter lorsque j'étais jeune. La jalousie, les préjugés, les méchancetés ne m'ont pas fait échouer, mais m'ont plutôt fait mûrir.“ Carmen Witte poursuit: „Dans nos jeunes années, ces obstacles ne sont pas faciles à surmonter. On a besoin d'êtres humains qui croient en nous et qui ne nous laissent pas tomber et qui n'abdiquent pas lorsque, une fois, cela ne va pas bien. Les jeunes sont fragiles et donnent l'impression d'être plus forts qu'ils ne le sont en réalité; en plus, la puberté et l'adolescence ne sont pas faciles.....“.
On n'entend pas souvent des mots si sages. Si, un jour, Carmen Witte devait postuler pour le poste d'entraîneur de la relève, les autres candidats n'auraient qu'à bien se tenir!
Dernière mise à jour : ( 13-02-2009 )