Une fois de plus, la Chine domine clairement – Wang Hao et Zhang Yining champions du monde
Actuellement,
la Chine domine incontestablement le tennis de table. Lors des Championnats du
monde, on assiste chaque fois à la lutte habituelle contre la Chine et on se pose
la question combien de médailles les autres nations – dont également les pays
européens – peuvent décrocher. Une nouvelle fois, la situation de départ était
très difficile puisque les bons joueurs chinois sont presque innombrables. L'empire
du milieu a ainsi de nouveau pu se permettre de faire venir certains joueurs
seulement pour le mixte ou le double. En outre, des Européens célèbres comme Kreanga,
Boll ou Schlager, ne pouvaient pas participer aux Championnats du monde pour
des raisons privées ou suite à des blessures, ce qui diminuait encore plus les
chances de médaille de l'Europe.
En raison
des immenses possibilités dont disposait la Chine pour le double, il n'était
pas surprenant que le pays dominait complètement le double mixte. Dès les
demi-finales, seules des paires chinoises étaient encore en lice. Lors de la
finale qui opposa Zhang Jike / Mu Zi à Li Ping / Cao Zhen, la deuxième paire
s'imposa 2:4 en remportant ainsi le titre de Champion du monde de cette
catégorie. La Chine décrocha par conséquent toutes les médailles de cette
catégorie. En double
Messieurs, la situation était similaire. Seule la paire japonaise Kishikawa
Seiya / Mizutani Jun put disputer les demi-finales face à trois paires de
double chinoises. Les joueurs japonais furent également obligés de reconnaître
la suprématie chinoise en s'inclinant clairement 0:4. Chen Qi / Wang Hao remportèrent
la finale en battant leurs compatriotes Ma Long / Xu Xin 4:1 pour s'emparer de
manière méritée du titre en double Messieurs. En disputant les demi-finales,
les Japonais pouvaient au moins s'assurer une médaille à domicile lors de ces
Championnats du monde, même si ce n'était qu'une médaille de bronze. Quoi qu'il
en soit, cela console certainement les nombreux spectateurs qui soutenaient
leur équipe toujours avec loyauté et beaucoup de bruit. Comme en
double Messieurs, trois paires chinoises étaient en lice en double Dames. Tous ces
duos se qualifiaient pour les quarts de finale où deux paires chinoises devaient
pourtant s'affronter. La Chine décimant ainsi elle-même ses participantes, deux
paires chinoises, une paire croate et une paire hongkongo-chinoise se
retrouvaient en demi-finales. Une fois de plus, les joueuses chinoises
s'imposèrent pour s'affronter donc en finale. Guo Yue / Li Xiaoxia remportèrent
celle-ci 4:1 en n'accordant que la médaille d'argent à leur deux collègues de
l'équipe nationale Ding Ning / Guo Yan, alors qu'elles-mêmes se parèrent de la
médaille d'or. Outre en
double mixte, c'était en simple Dames que les chances d'une "médaille
surprise" étaient certainement les plus minces. Les joueuses asiatiques
sont tellement fortes qu'il semblait pratiquement impossible qu'un autre
continent puisse remporter ne serait-ce qu'une médaille. Personne ne s'étonnait
par conséquent que sept joueuses des huit quarts de finalistes fussent des
pongistes asiatiques. Là encore, les quatre dernières joueuses chinoises
s'imposèrent souverainement. Les demi-finales furent par conséquent purement
chinoises. En demi-finale, Zhang Yining (WR 1) et Guo Yue (WR 2) confirmèrent
leurs positions dans le classement mondial en s'imposant face à leurs
adversaires. Elles devaient par conséquent disputer la finale où Zhang Yining commença
mal en accusant temporairement un retard de 0:2. Par la suite, elle sut élever
le niveau de son jeu pour renverser la situation. Avec la victoire 4:2, elle
put fêter son premier titre de Championne du monde en simple.
Du point de
vue européen, on comptait – chez les Messieurs – sur le Danois Maze Michael (WR
18) qui put se qualifier pour les quarts de finale alors que du côté japonais,
on espérait une victoire surprise de Yoshida Kaii (WR 37), le seul joueur
défendant encore les couleurs du pays hôte. Quant à la Corée, elle avait
également encore un joueur en lice (Joo Se Hyuk, WR 9) qui avait déjà prouvé
qu'il était en mesure de casser la dominance chinoise. Malgré tous ces espoirs,
aucun des outsiders ne put s'imposer et on allait par conséquent assister à
deux demi-finales purement chinoises, comme chez les Dames. Wang Hao (WR 1) et
Wang Liqin (WR 5) s'y imposèrent pour s'affronter par conséquent en finale.
Comme Zhang Yining auparavant, Wang Hao voulait bien entendu décrocher son
premier titre en simple et il ne faisait aucun effort pour le cacher. Durant la
prolongation, il remporta les deux premiers sets. S'appuyant sur cette avance
de 2:0, Wang Hao jouait comme sur un nuage pour remporter clairement le match 4:0.
Les Messieurs pouvaient donc également fêter un tout nouveau Champion du monde.
Après des
Championnats du monde, il s'agit également de tirer un bilan. Il est clair que
lors de ces Championnats, la Chine a remporté autant de médailles que possible.
La seule limite imposée à la Chine était le nombre d'inscriptions de joueurs
par série. De ce fait, la Chine ne pouvait en aucun cas décrocher toutes les
médailles, ce qui réconfortait sans doute les autres nations. Malgré cette
dominance chinoise écrasante, le reste du monde du tennis de table pouvait
entrevoir des lueurs d'espoir. Ainsi, différents jeunes joueurs pleins d'avenir
montraient des performances impressionnantes et il ne leur manquait parfois que
peu pour créer une surprise. Dans les moments cruciaux, l'expérience et la
sérénité nécessaires leur faisait malheureusement encore défaut, mais cela ne
veut pas forcément dire qu'à l'avenir, ce sera toujours le cas. Par rapport aux
autres nations, la Chine dispose certes du plus grand réservoir de joueurs de
haut niveau, mais ce sont toujours les mêmes qui s'imposent lors des grands
tournois. La génération avec Wang Liqin, Wang Hao et Ma Lin est peut-être tout
simplement la plus forte, mais tout comme la génération du siècle de Suède
(Walder et Persson), ces cartes de visite de la Chine ne pourront pas
éternellement jouer. Comment la situation se présentera-t-elle au moment où
cette génération prendra sa retraite et où les jeunes loups en plein
développement des autres nations progresseront en acquérant des expériences ?
Puisque nous ne sommes malheureusement pas en mesure de prédire l'avenir, il ne
nous reste plus qu'à attendre et laisser venir. Dans tous les cas, il faut
espérer que prochainement, la Chine devra affronter un peu plus de concurrence.
La métropole
de Yokohama a définitivement été digne d'accueillir les Championnats du monde
2009. Elle a su gérer avec brio la plupart de toutes les difficultés. On aurait
sûrement pu faire mieux certaines choses, mais cela est toujours le cas lors
des manifestations de grande envergure. Au cours de cette semaine, de nombreux
matchs de haut niveau ont pu être suivis. Les spectateurs sont souvent arrivés
en masse dans la salle pour soutenir surtout "leurs joueurs". Lors
des grandes affluences, on comptait ainsi jusqu'à 10'000 spectateurs. Cela est
réjouissant, surtout lorsque l'on pense aux rangées vides à Zagreb. Mais ce
n'est pas uniquement sur le plan du tennis de table que Yokohama est
intéressante. En ce qui concerne sa culture, la ville portuaire mérite tout à
fait une visite. Reste à espérer que lors des prochains Championnats du monde
par équipes qui auront lieu en Russie en 2010, les spectateurs manifesteront
autant d'intérêt et que l'événement se déroulera également sans problème, comme
c'était le cas cette année.